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Pourquoi les hécatombes de coccinelles?...

Bonjour à tous! Comme vous l'avez probablement constaté, Oldi Land est un brin à l'abandon en ce moment... la raison en est simple: actuellement, je ne peux pas beaucoup écrire, je suis en stage.

En stage... mais pas seul.

Car, je dois hélas le signaler, tous les jours, à mon lieu de travail, elles sont là.

On ne les remarque presque pas. Seul l'oeil averti décèle leur présence, si, d'aventure, lui venait l'idée de franchir les bureaux pour s'aventurer vers les zones près des fenêtres. Petites, rondes, colorées. Désséchées. Raidies. Leurs corps flétris par les courants artificiels de la triste climatisation s'entassent sur les rebords internes des fenêtres. Elles semblent vivantes, joyeuses, guillerettes, mais sont immobiles, statiques, dans des positions biscornues et peu naturelles trahissant leur rigidité cadavérique.

Pourquoi...?

Sans doute leurs petits oeufs ont-ils senti la venue du réchauffement printanier. Elles sont sorties de leur couche, prêtes à voler dans le ciel azuré, pour égayer les enfants et aider les jardiniers dans leur quête ineffable d'extermination des saloperies bouffeuses de roses. Mais, là, bloquées par les fenêtres closes, ne pouvant faire demi-tour, acharnées contre la vitre, elles meurent. Tristes, seules, de faim, de déssèchement, de déshydratation avancée, que sais-je? Noires et rouges, comme les cartes à jouer, pourquoi ces êtres au petit coeur piquent-ils vers les carreaux pour aller chercher des trèfles? Pourquoi font-elles cela? Ne comprennent-elles pas que la lumière ne signifie pas toujours la liberté? Ne le comprennent-elles que lorsqu'elles la voient au bout du tunnel?

Pourquoi...?

Moi, le sauveur, alors, faisant fi de ma modélisation 3D, je bondis. J'ouvre l'huis, du moins je tente, il résiste. Il cède. Le vent s'engouffre dans la salle, elles sont libres. Mais elles ne peuvent bouger. Car l'instant fatidique est déjà passé.

Pourquoi...?

Pourquoi...?

Pourquoi les hécatombes de coccinelles??

Alors, l'émotion me submerge! Pensant à ces pauvres créatures, à peine nées et déjà mortes, je m'effondre en sanglots. Je frappe de mes poins amorphes la moquette grisâtre! Des larmes coulent le long de mes joues, lâchent mon menton, tentant de les ranimer, je tente le bouche-à-mouche, à bouche, pardon, mais ce ne sont que vaines tentatives! Ma précédente indifférence m'a laissé inerte face à la vie des insectes! Je suis responsable d'une avalanche de meurtres! Je ne mérite pas mon statut d'être évolué! Je ne suis qu'un lâche!

Vidé, épuisé, je m'affale, tenant les victimes de ma désinvolture dans mes mains tremblotantes. Je sanglote.

Alors le maître de stage, incrédule, me lorgne. Puis, il finit par lâcher:
"Je sais pas s'il bosse bien, mais en tous cas, il ne ferait pas de mal à une mouche".

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