RESUME DES EPISODES PRECEDENTS:
Oldi, cerné par une armée d'insectes mangeurs de livres et d'écrivains, avait appelé un ami à la rescousse. Grâce à leur force, leur intelligence et surtout une pleine brouette de chance comme on ne peut en voir que dans les histoires du net, les deux compères parvinrent à se sortir de ce guêpier...
Dans le petit village de Bledpomé-sur-Annuyhamouryr, où s'étaient précipités les compères après leur quasi-mort, les rumeurs circulaient bon train. On racontait depuis peu que des choses très étranges arrivaient au village. Des évènements inexplicables et dangereux... la raison? N'importe quel voyeur pouvant se hisser au 10ème étage de l'hôtel Hephonepleurs pouvait avoir réponse à ses interrogations.
- NON, KAITO (il veut plus qu'on l'appelle Culbuto; il m'a envoyé un mail disant que si je citai encore une fois ce surnom il me torturerait de manière si horrible que l'intégrale d'Urgences, à côté, ce serait de la rigolade en matière de projections d'hémoglobine), IL FAUT QUE TU ARRÊTES DE JOUER AVEC CE BOUQUIN!!! Certes, c'est vrai que lancer des sortilèges pour la première fois est enivrant, et que Traité de sorcellerie pour novices de 15 à 30 ans semble être un titre adéquat tant tu as progressé rapidement dans le domaine de la maîtrise de l'ether. Mais depuis une semaine qu'on a échappé à une armée de scriptophages, tu as réussi à cramer le mur de la chambre, à transformer ma pantoufle en porc-épic - mon pied n'a toujours pas cicatrisé, je te signale - et à faire s'afaisser la maison en face dans des sables mouvants!!! Certes, l'objectivité me force à admettre que grâce à ce bouquin, tu as réussi à guérir le réceptionniste de l'hôtel de son asthme, et pour cela je ne peux que te congratuler. Mais étant donné que depuis il est à l'hôpital, suite à la crise cardiaque qu'il a faite en découvrant que son nombre de doigts avait triplé à cause de ton incantation, on ne peut parler que de victoire mitigée! Alors, arrête une fois pour toutes de faire n'importe quoi: c'est bien joli de faire ressembler les mains des gens à des partouzes de lombrics, mais je te rappelle que si on n'agit pas dans les temps je risque de me faire aplatir par une météorite!!!
- D'accord, je te le rends... mais c'est dommage, avec un peu d'entraînement je pourrais vaincre Voldemort avec une main dans le dos et une enclume attachée à l'autre. Et puis, fichu pour fichu, je te rappelle que les informations qu'on a trouvé pour contrer cette malédiction étaient complètement incompréhensibles. Si j'étais toi, je me demanderais plutôt qui je citerais sur mon testament. Bien sûr, - je dis ça en passant - en ce qui concerne ta collection de BD, je suis à ta disposition pour...
- Tais-toi, défaitiste! et écoute: j'ai fait des recherches sur Internet concernant l'ancienne langue françoise et j'ai pu "traduire" le texte. Si j'ai bien compris, pour contrer la malédiction de ce livre, il faut concocter une potion magique dans le donjon du château d'Hédépargne, le magicien créateur de ces ouvrages. Je n'ai pas encore recherché l'emplacement du château, mais j'ai pu faire la liste des ingrédients pour la potion. La plupart de ceux-ci sont assez faciles à se procurer - il n'y a qu'à espérer que cette potion ne fasse pas d'effets secondaires avec des hormones de croissance et des OGM - mais il y a 3 ingrédients plus difficiles à trouver. Il va falloir qu'on aille les chercher sur place, je crois. Le premier est un champignon: le "Boletus Musicalus" communément appelé "Bolet Rodravel". Un basidiomycète rarissime qui ne pousse que dans une forêt à 80 km à l'ouest d'ici, dans les ruines de la chapelle Hyéfou. Allons le chercher, on se préoccupera des deux autres ingrédients plus tard...
Sur ce Oldi prit la voiture(1) avec son ami Culb... Kaito et partit vers le soleil levant...
- Euh, soleil levant? T'as pas dit que c'était à l'ouest par rapport à nous?
- Oups! Autant pour moi!
(sur ce, négociation risquée de demi-tour au milieu d'une voie rapide: 12 crises cardiaques. Oldi et Kaito vont bien, merci.)
Un peu plus tard, alors que les ombres commençaient à peine à perdre leur taille démesurée, une voiture s'arrêta avec la délicatesse d'un hippopotame cocaïnomane sur un petit sentier longeant la forêt Goley, dont la cime des arbres aux feuilles printanières naissantes s'épanouissait dans les spirales brumeuses du brouillard matinal. Une magnifique forêt, dont la simple vue suffisait à mettre les muses grecques au chômage technique pour ce qui était de donner l'inspiration aux artistes en tous genres (on composa même une musique sur cet endroit: le très célèbre Requiem de Forêt.)
- Nous y voilà, dit Oldi avec de la joie dans la voix, du merveilleux dans ses yeux et de l'émotion dans le... non, rien. Il nous suffit d'emprunter ce petit sentier champêtre pour arriver dans un quart d'heure dans les ruines de la chapelle et nous pourrons y trouver ce fameux bolet.
- Moui, dit Kaito qui n'avait écouté qu'à moitié, trop occupé qu'il était à repousser les assauts de la faune hexapode locale. Et ce champignon, il ressemble à quoi? dit-il en écrabouillant sur le pare-brise du véhicule stationné un taon particulièrement hargneux, qui fit en mourant (mais personne n'y prêta suffisamment attention pour le remarquer) une tache exactement identique au logo de Final Fantasy VII.
- Comme tous les champignons: classique, avec chapeau, pied, mycélium... mais on peut le reconnaître facilement, il est de couleur bleue, ce qui est une couleur assez rare chez les créations biologiques de Dame Nature... allons-y!
Et 15 minutes plus tard, les multiséculaires ruines moussues de la chapelle Hyéfou accueillit ses deux premiers touristes de l'année. Construite en 1234, cette chapelle fut bâtie avec les indications fournies par l'ordre religieux des Bibloconstitutionnels: une vingtaine de moines qui suivaient la Bible à la lettre en ce qui concernait la vie de Jésus et vivaient exactement comme lui (cette foi envers le Christ était si puissante qu'il étaient communément appelés la bande de chrétiens finis.) Ces moines mangeaient quand il était indiqué que le Christ avait mangé, sans une seconde de retard; ils n'allaient jamais à la messe - étant donné que Jésus n'y est pas allé une seule fois dans sa vie - et multipliaient le pain et les poissons, avec relativement peu de succès toutefois. La vie de ces moines était très dure, étant donné que dans la Bible on ne mentionne jamais quand Jésus dort, ou se rend aux toilettes... Finalement, la chapelle fut laissée à l'abandon en 1267. Fidèles à leur religion jusqu'au bout, les Bibliconstitutionnels s'autocrucifièrent après 33 ans...
Mais revenons à nos moutons... enfin, façon de parler.
- Cham-pi-gnon, où est le champipi où est le champignooon? chantonnait Oldi...
- Il y en a un là-bas! s'écria Kaito en désignant de l'index un mur gravé au pied duquel on pouvait distinguer une chose azurée.
- Bien joué! s'écria à son tour Oldi en trottinant gracieusement vers la moisissure, il me suffit d'en prendre un ou deux et...
A ce moment, avant même d'avoir pu approcher la maçonnerie (note aux dyslexiques: ne pas oublier la cédille à "maçonnerie"), Oldi fut projeté en arrière comme Rambo l'aurait fait d'un punching-ball et se retrouva les quatres fers en l'air dans les herbes sauvages. Alors que, sonné, il était toujours incapable de discerner s'il y avait un ou trois nuages au-dessus de lui, Kaito, lui, put voir, au-dessus de l'inaccessible champignon, un gant de boxe relié à un bras articulé, qui rentrait lentement dans une trappe du gazon. Il vit alors une pancarte neuve, accrochée à l'antique mur, et comportant le texte suivant:
DECRET DU 25 FEVRIER 2008
LE CHAMPIGNON "BOLETUS MUSICALUS" OU "BOLET RODRAVEL", SUITE A SON NOMBRE DECLINANT SANS CESSE, A ETE CLASSE COMME ETANT UNE ESPECE PROTEGEE. DEPUIS LORS, SA CUEILLETTE EST INTERDITE. TOUT CONTREVENANT RISQUE DES POURSUITES.
POUR PERMETTRE LA SURVIE DE CETTE ESPECE, NOUS AVONS DOTE LA CHAPELLE D'UN SYSTEME DE SECURITE ULTRA PERFORMANT DESTINE A DECOURAGER LES BRACONNEURS DE CHAMPIGNONS.
MERCI DE VOTRE COMPREHENSION ET BONNE PROMENADE!
ANNA NYT-TUMOUSCHE, maire du village de Cèpe-sur-Amanite, propriétaire de la forêt Goley.
- Oups, résuma parfaitement Kaito.
- LA POISSE! s'écria Oldi, entretemps revenu des bras de Morphée. Quand je pense que si j'avais publié cet article 3 jours plus tôt on aurait évité ça!!!
(1) Cette fois, j'aurai un peu moins d'ennuis qu'avec la camionnette de policiers: j'ai eu mon permis aujourd'hui - du premier coup en plus ^^
Publié par oldi à 01:28:50 dans 12 - Le livre Hédépargne | Commentaires (63) | Permaliens
RESUME DES EPISODES PRECEDENTS:
Toujours dans le but de contrer la malédiction qui règne sur lui, Oldi s'est rendu à la BOARF, la Bibliothèque d'Ouvrages Anciens Restaurés Finement, dans le but de chercher un livre, qui aurait l'auteur en commun avec celui responsable de la dite malédiction. S'étant rendu dans les caves du bâtiment, il s'est retrouvé bloqué par une armée de scriptophages, insectes mangeurs de livres et aussi, hélas! d'hommes. A problème désespéré, solution de désespoir, Oldi a appelé un compagnon à l'aide...
A quelques kilomètres d'Alyneha-sur-Pahragraf, dans le petit village de Bledpomé-sur-Annuyhamouryr, la lumière d'une chambre de l'hôtel Hephonepleurs s'allumait brusquement, au grand dam d'ailleurs d'un hibou grand-duc octogénaire nichant dans le chêne situé en face de la fenêtre de la dite chambre. Pour tout dire, le propriétaire mollement affalé dans le lit (grouillant de punaises, mais il l'ignorait) n'était guère enchanté non plus quand au fait d'éclairer la sombre pièce, mais il avait été rapatrié des bras de Morphée par la sonnerie tonitruante de son téléphone portable (une reprise du 10ème concerto pour piano de Wolfgang Amadeus Mozart à la sauce House Music. Une oeuvre unique: le "compositeur" mourut 5 secondes après avoir présenté son oeuvre en public pour la première fois; à peine les dernières notes discordantes avaient-elles été jouées, lorsque dans le public, un vieux chef d'orchestre à la retraite s'arracha son pacemaker et s'en servit juste avant de mourir pour lui fracasser le crâne, dans un geste ultime pour sauver l'honneur du quatrième art); le dit propriétaire fut donc obligé de se lever pour décrocher son téléphone, posé à l'autre bout de la pièce sur une commode poussiéreuse et usée, de style fin Pompidou / début Giscard.
- Gnallô? répondit l'individu d'une voix atrocement enrouée, digne d'une mauvaise imitation de Jeanne Moreau par Garou. Kessssvouvoulé??
- Culbuto??? Tu es là???
- Mmmmmgne crois, oui... (regarde autour de lui, se voit dans le miroir)...gnoui chuis là.
- Non, je veux dire, tu es bien à Bledpomé-sur-Annuyhamouryr? Pour assister comme chaque année au CALMOS, le Congrès des Assidus Lecteurs de Mangas d'Origine Shikokuienne - entre autres - qui aura lieu demain?
- Gnoui.
- Ah, tu me sauves la vie!!!! Viens en vitesse!!!
- Gnkestu veuuuuuuux??...
- Je suis à Alyneha-sur-Pahragraf, à quelques kilomètres de toi, dans les caves de la BOARF pour rechercher un bouquin qui me permettrait de contrer une malédiction qui s'est abattue sur moi mais là je suis cerné par des insectes appelés les scriptophages qui veulent me bouffer parce qu'ils croient que j'ai un goût de livre alors il faudrait que tu viennes me sauver parce que sinon c'est foutu et je précise que si les proprios de la bibliothèque me trouvent ils vont m'écharper alors si tu me sauves des insectes faudra en plus arriver à me sortir de là avant l'aube.
- .......gnfous de moi?!? Gnnnla marmotte avec le papier alu?
- Je t'en priiiiiie!! C'est question de vie ou de mort!!! Et puis rappelle-toi nos aventures passées dans le manoir de Safoulatrouï...
- Gnpréfèrerais les oublier.
- Plîîîîîîîze!!!!!
- Gnd'accord, mais si tu t'es f**** de moi je te !ù*%! que même ton ADN te reconnaîtra pas!
Sur ce, votre dévoué Oldi raccrocha le téléphone et attendit son compagnon...
Quelques heures plus tard, un taxi se gara à l'entrée de la BOARF et en descendit un Culbuto légèrement mieux réveillé... cela étant dû au fait qu'il avait dormi une centaine de minutes supplémentaires avant d'aller au secours de son vaillant compagnon. Le taximen lui annonça le prix ("Quoi?! C'est cher!!" "Tarif de nuit mon p'tit. Allez, aboule.") puis Culbuto se rua dans le bâtiment aux sombres allées. Heureusement, "quelqu'un" lui avait déjà dégagé le passage...
Pendant ce temps, Oldi - c'est-à-dire moi - n'en menait pas large. Résumé des faits: le léger retard de mon compagnon avait offert un avantage certain aux scriptophages furieux, j'avais été obligé de changer de cachette en creusant un tunnel sous les livres, mais comme ces bestioles ont les sens très développés elles parvenaient à me retrouver avec une rapidité digne d'un guépard testostéronisé. Ma nouvelle cachette commençant alors à se fragiliser, j'ai dû creuser un nouveau tunnel et j'ai atterri dans une grotte qui n'était ni plus ni moins que celle par où j'étais arrivé. Et je vis alors, dans le trou en haut...
- Culbutooo!!!!
- Oldi? C'est toi?
- Oui! Aide-moi à sortir!
- Euuuuuh... comment?
- Bah, t'as apporté une corde?
- Euh, non.
- Une échelle?
- ...non.
- Une chaîne?
- ...
- Un escabeau??
- ......
- Un zoomer anti-grav?
- .........
- MAIS TU SERS A QUOI ALORS?!?!
- Attends, je vais chercher...
Stupéfiant phénomène géologico-architectural: sans doute les parpaings de la BOARF étaient-ils allergiques au mot "chercher", puisqu'à peine Culbuto en avait-il prononcé la dernière syllabe que le sol sous lui s'effondra, le faisant choir tel une bobinette sur un tas de livres situé au centre de ma coquette caverne. Bon... eh bé... on se sent moins seul.
Et comme pour répondre à cette chute, une seconde plus tard, le bouchon tunnelier que j'avais improvisé - avec un certain savoir-faire d'ailleurs, sans vouloir me vanter - à l'aide de la collection complète des Traités d'anatomie à l'usage des gueux irrécupérables de l'Abbé LeDeucadyx, se rompit sous l'effet des furieux assauts scriptophagiens. Et en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Kagemishaojiganabelizenikanagoplatalatalasprotch, Culbuto et moi-même nous retrouvâmes cernés par une armée d'insectes bleutés dont les mandibules, particulièrement exposés aux sécrétions salivaires des bestiaux, atteignaient un niveau d'humidité que l'on ne retrouve plus guère que chez les nageurs olympiques hydrocéphales, s'entraînant dans les piscines écossaises à ciel ouvert.
J'avais atteint le fond du désespoir, tel la femme de ménage que je vis récemment au Musée d'Art Moderne de Strasbourg, appliquée à lustrer une rambarde d'escalier avec un professionnalisme qui l'honore, et voyant soudain débouler, d'une démarche effrayante qui n'est pas sans rappeler les plus pimpants défilés de waffen ss, une meute bruyante d'adolescents pustuleux et hilares, probablement dans une de leurs périodes de rut, qui se feraient une joie d'appliquer sur les clinquantes rambardes leurs grosses paluches visqueuses pleines de morves emmiasmées.
- Culbuto, dis-je d'un ton shakespirien, montrons-leur ce que nous valons.
- Et on fait quoi?
- A la guerre comme à la guerre: on fait avec ce qu'on a. Balance-leur des livres!
Aussitôt le duo infernal se baissa dans une synchronisation digne des meilleurs orchestres symphoniques, et se mit à balancer sur les hexapodes affamés tous les ouvrages se trouvant sous eux. Avec cette pluie ininterrompue de manne littéraire, les scriptophages se virent alors taraudés entre l'envie de dévorer - au sens propre - les livres que ces êtres finalement sympathiques leur jetaient avec tant de gentillesse, et l'envie de fondre sur ces intrus et de leur dévorer les chairs jusqu'à outrance, de sorte qu'aucun archéologue du futur examinant leurs ossements ne soit en mesure de déterminer ne serait-ce que l'appartenance de ces êtres à la famille des mammifères. Incapables de prendre une décision, les insectes restèrent alors aussi immobiles que George W. Bush devant une addition à deux chiffres, et moi-même et Culbuto en profitâmes alors pour nous livrer à un véritable jeu de massacre. C'était de la légitime défense, certes, mais cela restait assez joussif...
Et paf! Un scriptophage vit son crâne défoncé par l'arête coupante de la couverture de Les charmantes coutumes Transylvaniennes, par Brom Stacker, ouvrage jeté avec hargne par un Oldi plus en forme que jamais... et crac! Une patte en moins pour la bestiole de gauche, le Traité de philosophie pour dyslexiques bineuronaux, par le Comte Orsy-aux-Nystes, la lui a écrabouillée - joli tir, Culbuto! Hoplà! Il a failli s'en tirer celui-là, heureusement votre ami Oldi a pu lui défoncer l'abdomen avec une version particulièrement massive de L'étude des mycoses à travers les âges, par Jean Pignondpary... et hop, encore un joli tir pour Culbuto! Houlà, il est gros celui que tu as visé, mais le Traité de sorcellerie pour novices de 15 à 30 ans que tu lui as balancé va l'atteindre en pleine poi...
QU'EST-CE QUE JE VIENS DE DIRE?!?!
C'était lui! LE livre! Celui qui m'avait fait venir ici! Aussitôt, je me jetai sur l'ouvrage et le ratrappai au vol avant qu'il se soit souillé par le sang olivâtre de la bestiole-cible.
Hélas... l'insecte à qui je venais de sauver la vie ne fit preuve d'aucune reconnaissance... au contraire, je le privai là de nourriture. Atrocité! Honte! Aussitôt, tous les scriptophages décidèrent enfin entre croquer les livres et croquer les auteurs, et leur envie ne se portait visiblement pas sur le choix matériel... Culbuto et moi nous préparâmes à mourir...
...quand SOUDAIN! (qu'est-ce que ça peut faire bien une histoire avec tout plein de rebondissements partout!)
...quand soudain, disais-je donc avant d'être interrompu par mon imbécile de sur-moi, le sol en deçà de moi et Culbuto, probablement fragilisé par la bataille féroce qu'il avait dû supporter, céda. Notre duo se retrouva alors entraîné dans une avalanche de livres pire que celles visibles lors de la rentrée littéraire dans les librairies de quartier, et nous nous retrouvâmes avec quelques scriptophages agonisants et une centaine d'autres morts écrabouillés par les livres, dans une autre grotte, au bout de laquelle semblait pointer la lumière de l'aube blafarde.
- Regarde! dis-je avec une joie non dissimulée, on a réuss...
La séquence émotion fut interrompue par le bruit, quelques mètres au-dessus, du bruissement des scriptophages rescapés du désastre et visiblement pressés de trouver un chemin sûr pour nous rejoindre. Nous décidâmes alors d'un commun accord de ne pas nous attarder davantage dans ces cavernes...
- Dis-moi, Oldi, y'a quand même un truc qui me chiffonne... maintenant que j'y repense, cette histoire à propos de ce château de Safoulatrouï... à vrai dire, j'ai pas le souvenir qu'on s'en soit sortis vivants, de ce château?!
- Euh, pour tout dire, idem... j'ai un grand trou...
Sur ce, Oldi et Culbuto s'évaporèrent vers de nouvelles aventures.
NOTE DE L'AUTEUR: (je mets ça tout à la fin pour ne pas retarder davantage la lecture d'un article que vous avez déjà, je pense, suffisamment attendu)
Je voudrais vous remercier pour votre patience mathusalémique... mais je dois vous dire que côté connexions internet, je suis un peu chargé en ce moment. Alors voici le programme concernant l'avenir de mes sites: les mises à jour se feront moins souvent... mais vous aurez plus à regarder quand elles arriveront! D'ailleurs, j'arrive enfin à la fin de l'épisode 3 d'Eluna, et croyez-moi, quand je mettrai le site à jour vous aurez de quoi faire. En attendant, je vous remercie tous pour votre fidélité digne de lassie, c'est si rare de nos jours...
Publié par oldi à 01:14:19 dans 12 - Le livre Hédépargne | Commentaires (7) | Permaliens
RESUME DES EPISODES PRECEDENTS:
Oldi s'est rendu à la BOARF - Bibliothèque d'Ouvrages Anciens Restaurés Finement - dans le but d'y chercher un vieux livre dont l'auteur semble être le même que celui de l'ouvrage ensorcelé qui a jeté sur lui une malédiction assez gênante. Malheureusement, il a appris que ce livre fait partie des centaines d'écrits qu'un grave glissement de terrain a récemment fait choir dans les humides sous-sols de la bibliothèque...
Bien le bonjour! Aujourd'hui, grand jour - ou plutôt grande nuit, vu l'heure - puisque, après des jours de préparation, me voilà prêt à m'infiltrer dans la BOARF tel l'agent du FBI le réseau prétendument terroriste. Oui, je sais, l'alarme idiote de l'illégalité vient dingdinger à vos oreilles pour vous ordonner de me hurler "Infiltration nocturne? Ouuuh, Oldi, c'est pas bien ça!!!" Je sais, que voulez-vous... cette solution ne m'enchante pas mais mes tentatives légales pour entrer dans les caves sub-BOARF ont lamentablement échoué. Pour trouver l'entrée de ces souterrains, ce fut assez aisé: j'avais repéré, lors de ma première recherche dans les rayons particulièrement fournis du bâtiment, un couloir menant à une aile annexe et dont l'entrée était barrée par un petit écriteau portant la mention: "Si plus dans ce couloir vous vous aventurez / A de graves ennuis vous allez vous heurter / Pour l'instant dans ce lieu, les risques d'affaissements / Risqueraient de tuer l'abruti imprudent". Ma seconde réaction - la première étant de me dire "Non, c'est pas vrai! Même ici ils font des alexandrins..." était évidemment d'éviter ce passage, mais suite aux informations fournies par la dame de l'accueil, je sus que mon but se trouvait dans ces cavernes multiséculaires. Et le meilleur moyen d'y entrer était de braver l'interdiction de la pancarte et de m'aventurer au-delà du mystérieux passage.
Et c'est là que le bât blesse. Entrer dans ce couloir s'est en effet révélé être un véritable parcours du combattant, une épreuve que Hercule lui-même aurait abandonné en sanglotant. J'ai tout d'abord joué la carte de l'analphabétisme non-voyant, du genre "Un panneau? Non, non, je l'ai pas vu...", mais cet argument ne réussit pas à convaincre les 2 gardes qui me ceinturaient à peine 20 secondes après mon entrée dans le couloir. Il faut dire que les gérants de la BOARF avaient pris soin de placer une caméra de surveillance en face de l'entrée du corridor, craignant sans doute que des visiteurs peu scrupuleux aillent, par exemple, se cacher dans les cavernes pour dévaliser la bibliothèque la nuit, ou que sais-je encore. Neutraliser la dite caméra de surveillance s'est également révélé peu efficace, l'enveloppe en titane de l'appareil y comptant sans doute pour quelque chose. Enfin, je tentai de me faire engager comme ouvrier chargé de récupérer les livres victimes du glissement de terrain, mais mon CV bidon ne réussit guère à convaincre les employeurs. A la suite de cela, je fus jeté comme un malpropre hors du bâtiment, à grands coups d'alexandrins rageurs dans la figure de la part d'employés furibards; ma carte de la BOARF me fut confisquée et je fus interdit d'entrée dans la bâtisse pour les 15 prochaines années. Un délai beaucoup trop long, sachant que la météorite DI-NI-KET 07111988 se rapproche de plus en plus de notre chère planète, et de moi en particulier... et c'est là que j'ai décidé de jouer la carte de l'infiltration frauduleuse. Et cette nuit, c'est la bonne.
Préparation du matériel...
Cordes? Check.
Grappins? Check.
Passe-partout? Check.
Passe-partout modèle de luxe (communément appelé "pied de biche")? Check.
Manuel de survie? Check.
Cagoule de dissimulation?
Sandwichs? Check.
Livre La spéléologie pour les Nuls ? Check.
Téléphone à batterie pleine pour appeler les pompiers en cas de souci? Check.
Nounours mauve, emprunté à une petite cousine, qui chante comme un attardé quand on presse le coeur rose sur son ventre? Check.
Milk? Check.
Calembours foireux? Ouaip, vu la ligne précédente, Check.
Et enfin, nom complet de l'ouvrage à trouver, à savoir Traité de sorcellerie pour novices de 15 à 30 ans, auteur inconnu? Check.
Parfait.
(Note de l'auteur: si vous voulez vous mettre dans l'ambiance, je vous conseille, durant votre lecture des prochains paragraphes, d'aller sur Radioblogclub.com et de mettre en fond musical l'intro de Mission Impossible. Ce n'est pas indispensable, mais c'est comme siffler dans un concert, ça rajoute du sel.)
Phase n°1: escalade du mur d'enceinte cernant la BOARF, qui fait 6 mètres de haut. Après mise de la cagoule, utilisation du grappin et de la corde rattachée à celui-ci. Lancement. Manquement de la cible. Choc sur la tête du lanceur. Nouvel essai. Idem. Au 19ème essai - à la 12ème bosse, au 3ème bleu et à la 4ème contusion - décision d'escalader le portail, situé un rien plus loin, et qui lui ne fait qu'1 mètre de haut.
Phase n°2: infiltration du bâtiment. Utilisation du passe-partout, et insertion de celui-ci dans la serrure. Bruit de métal brisé, qui ne provient malheureusement pas de la dite serrure. Utilisation du passe-partout modèle de luxe. Destruction de la serrure. Entrée dans le bâtiment.
Phase n°3: escapade vers le couloir interdit. Rencontre d'un vigile armé d'une lampe-torche. Dissimulation derrière une étagère. Pression sur le coeur rose du nounours et balancement de celui-ci au loin.
" Bonjour mon p'tit ami, veux-tu jouer avec moi?
Veux-tu quelques bonbons, ou bien du chocolat?
Ou alors si tu veux, on peux aussi chanter!
Vas-y chante avec moi, ça fera rigoler!
(refrain) Tralalalala pouët, tagada gada tsoin,
Ah la la que c'est chouette d'avoir un vrai copain!!!" (requiem)
Le vigile, alerté, galope vers le jouet, tandis que l'infiltré reste coi, atterré devant le fait que dans ce lieu, même les nounours se mettent à faire des alexandrins. Reprenant ses esprits et profitant de l'absence du vigile, il se dirige vers le passage interdit. Il se rappelle en passant d'acheter un jouet digne de ce nom à sa cousine pour noël, en cas d'absence de décès astéroïdique.
Phase n°4: entrée dans les grottes. Le passage est franchi. Après une ou deux bifurcations, le sol disparaît soudain. Fixation solide d'une corde à un faux chandelier décoratif et descente dans les cavernes humides...
Et enfin, phase n°5, récupération de l'écrit moisi.
C'est là que ça devient un petit peu problématique...
Outre le labyrinthisme des grottes, et le fait qu'un éboulement n'est pas le meilleur moyen de classer des bouquins, je me suis heurté à une menace quelque peu dérangeante. Connaissez-vous les scriptophages? Non? Ce n'est pas grave, vous n'avez pas à en rougir, je dois vous avouer que j'étais moi-même assez enclin à partager votre ébahissement jusqu'à il y a 10 minutes. En fait, dissimulé dans une mini-grotte que j'ai soigneusement rebouchée avec des livres, je lis actuellement, à la lueur de mon portable, Le guide de l'entomologiste amateur, de George Lapetytebette, édition 1926, dédicacée par l'auteur. Les scriptophages sont des espèces d'insectes particulièrement hideux dotés, en vrac: de 6 pattes tranchantes, d'une carapace bleutée métallique, d'un appétit vorace et d'yeux perçants. Et surtout, de la même manière que les araignées mangent des petites bestioles, les moustiques femelles du sang, les mites des vêtements et les morpions... passons, les scriptophages, qui ne vivent que dans les grottes humides, sont friands de bouquins, surtout s'ils sont très anciens. Rien ne vaut pour eux le délice gustatif d'une page jaunie par le temps ou d'une couverture en cuir recouverte par la poussière des siècles. Mais, comme je l'ai dit, les scriptophages ne vivent que dans les grottes humides, et sachant que c'est rarement dans un tel lieu que l'on entrepose des livres, le nombre de ces bêtes reste assez limité - la plupart des scriptophages, semble-t'-il, ne survivent qu'en dévorant les romans de poche que des lecteurs peu passionnées jettent dans les égouts des gares au moment de l'arrivée de leur train. Or, dans les conditions particulières des caves de la BOARF, ces insectes y ont magnifiquement prospéré.
Le problème, outre que je souffre d'insectophobie sévère due à Roger Carel (oui, c'est lui qui en est responsable: depuis qu'il a doublé Jiminy Cricket dans Pinocchio, je ne peux plus voir le moindre moucheron sans l'imaginer affublé d'un costume ridicule et braillant des chansons décérébrantes qui me glacent le sang), c'est qu'il faut savoir que les scriptophages sont carnivores. Connaissez-vous l'histoire de la poule aux oeufs d'or? A la fin, le fermier éventre sa poulette croyant trouver une mine d'or dans les boyaux de la volaille. Eh bien, de la même manière, les scriptophages savent que ce sont les humains les créateurs des livres, et ils pensent que le goût de la chair humaine vaut celui de tous les ouvrages du monde...
Donc, pour résumer, je me trouve dans un réduit peu protégé, entouré par une armée de scriptophages affamés. Leur jeter en appât mon manuel de survie et La spéléologie pour les Nuls ne les a retardés que quelques secondes, et étant donné que mon barrage est fait de livres, il ne tiendra pas longtemps face aux assauts des hexapodes en furie. J'ai bien essayé d'appeler des secours sur mon portable, mais je ne suis tombé que sur la messagerie des pompiers, me disant que c'était l'heure de dormir et que je gagnerais à les rappeler après 7h30. Voilà.
A problème désespéré, solution de désespoir, et je me suis décidé à appeler quelqu'un de passage dans les environs pour venir me chercher...
Question: je suis un acolyte ayant déjà accompagné Oldi dans ses aventures, du moins dans un château poussiéreux et légèrement hanté. Je peux me révéler utile, même si mon coup de main est généralement aussi efficace que celui de la Vénus de Milo. Je porte plusieurs surnoms, un des plus connus évoquant un jouet simpliste et quelque peu démodé, avec lequel un enfant contemporain jouerait durant une dizaine de minutes au grand maximum, avant de bazarder la chose dans un "lieu d'entreposition d'objets inutiles", comme par exemple (choisissez vous-mêmes) une étagère en hauteur / une cave humide / un grenier glacial / une décharge publique / l'Académie Française / la pièce au siège du PCC dans laquelle est rangée la traduction en chinois de la déclaration universelle des droits de l'Homme. Je suis?...
Suspense.
PS: désolé de ne pouvoir répondre à tous les mails et tous les commentaires, je suis assez pris en ce moment... le prochain article ne sera pas pour tout de suite non plus... désolé, tapez-moi autant que vous voulez...
Publié par oldi à 01:07:30 dans 12 - Le livre Hédépargne | Commentaires (27) | Permaliens
RESUME DES EPISODES PRECEDENTS:
Oldi, trimbalant une malédiction aussi grave qu'antédiluvienne à cause d'un ouvrage moisi, il tente de trouver comment contrer ce maléfice. Un récent rapport de police laisse penser qu'il serait allé à Alyneha-sur-Pahragraf, dans la bibliothèque de la BOARF, pour trouver un autre ouvrage...
Bien le bonjour, cher(e)s internautes... comme vous le savez, une météorite veut s'abattre sur moi à cause d'une malédiction qui en a fait autant, due à livre idiot hérité malgré moi. Bref, je ne m'éterniserai pas là-dessus, toujours est-il que je crois avoir trouvé un indice. J'ai fait halte à la BOARF du village d'Alyneha-sur-Pahragraf, en me déplaçant d'une manière dont je suis assez peu fier... comment ça vous êtes au courant de tout?!?!
Enfin bref. Après avoir terminé la lecture du livre qui pourrait bien être responsable de mon envoi ad patres, je me suis aperçu que l'auteur - au nom rendu illisible par les siècles - mentionnait un autre ouvrage qu'il aurait écrit, Traité de sorcellerie pour novices de 15 à 30 ans. Un peu de pub, en quelque sorte... et puisque cet autre ouvrage parle également de sorcellerie, peut-être y trouverai-je un moyen pour contrer cette malédiction, puisque le livre dont j'ai hérité s'est montré assez peu loquace concernant la question. Et si je pouvais trouver cet ouvrage quelque part, ce serait bien à la BOARF.
La BOARF - ou Bibliothèque d'Ouvrages Anciens Restaurés Finement - a été construite en 1994, sur les fondations d'une ancienne villa gallo-romaine au centre même du petit village d'Alyneha-sur-Pahragraf. Le but des créateurs de cette bibliothèque était de rassembler en un seul lieu des ouvrages antébigbangiens d'une valeur inestimable et d'une rareté ahurissante, bref, en faire l'endroit rêvé pour les adeptes d'ancienne littérature. Nombreux sont les historiens passant leurs journées ici, à consulter de précieux manuscrits...
Je me suis donc rendu à la BOARF. Mais, connaissant ma chance habituelle, ai-je trouvé l'ouvrage qui m'intéressait? Non. Je sais que ça casse tout le suspense, mais vous devez être habitué à ce genre de rebondissements, non? Pour détailler, je suis entré dans le (très imposant) bâtiment de la BOARF et me suis adressé à l'accueil. Toutefois, je me dois de vous prévenir: si un jour l'envie vous en prenait d'aller faire un tour là-bas, prenez garde: les personnes travaillant à la BOARF sont très à cheval sur la langue française, et leur langage est d'ailleurs assez... disons... enfin, vous allez comprendre. Je me suis donc adressé à l'employée de l'accueil, et je vous préviens tout de suite que le dialogue qui suit est garanti absolument authentique, 100% pur porc.
- Bonjour mademoiselle, je...
- Bien le bonjour, monsieur, bienvenue à la BOARF,
La grande fierté d'Alyneha-sur-Pahragraf!
Dans ce lieu fantastique vous trouverez sans peine
Des romans, des essais, ainsi que des poèmes
Ecrits par des génies de la littérature
Dont le talent semblait n'avoir aucune mesure.
- ...euh...
- Je vous prierai, monsieur, de vous presser un peu.
Mes journées sont très longues, mais mon temps est précieux.
- Oui, bien sûr. Je voudrais rechercher un ouvrage...
- Je vous conseille de prendre la formule d'abonnement.
Elle coûte 14 euros et dure pendant un an.
Mais lorsque vous l'aurez vous pourrez consulter
Les ouvrages de ce lieu en intégralité;
Pour vous ces manuscrits des temps immémoriaux
N'auront plus de secrets. Encore un ou deux mots:
Pour les prochaines semaines, je ne peux vous aider
A trouver cet ouvrage que vous voulez trouver:
Un petit accident de glissement de terrain
Ayant eu lieu dans nos antiques souterrains,
L'installation électrique du bâtiment
A quelque peu souffert, et le PC devant
Vous a perdu l'ensemble de sa petite mémoire,
Y compris de nos livres le complet répertoire.
La honte me submerge, mais pour votre recherche,
Les jeunes technologies ne vous tendent pas la perche,
Et il semblerait donc que comme un chiffonier,
Avec vos simples mains chercher vous ne deviez.
- Moui, bon... va pour la formule d'abonnement. 14 euros, c'est ça?
- C'est cela même, monsieur, 14 euros tout pile.
Y'a même pas de monnaie, c'est pas très difficile...
- Bon, tenez.
- Très bien mon bon monsieur, votre carte est ici.
Je vous souhaite une bonne et joyeuse après-midi!
Après cet éprouvant dialogue d'alexandrins, durant les heures suivantes, j'ai longuement cherché le livre qui pourrait peut-être me sauver la vie. C'est incroyable le nombre de livres qu'on trouve à la BOARF: j'y ai vu, entre autres, LE PIRE MONDE POSSIBLE, l'ouvrage le moins connu de Thomas More, PANTATUA, de Rabelais, METHODE DES DISCOURS par Descartes, ainsi que le très très rare poème LA VIE TOUT SIMPLEMENT, par le poète anglais O. Mygod-Keceylong, qui est connu pour être le poème le plus long du monde (sa lecture en une seule fois dure environ 50 heures, et il est impossible de tenir ce délai en parlant et sans se nourrir. Heureusement, l'auteur a intégré dans son poème des scènes de repas qui permettent à l'orateur de reprendre des forces sans cesser sa déclamation; toutefois, il est très délicat pour lui de coordonner ses bruits de mastication avec les onomatopées qui constituent cette partie du poème. Idem pour la boisson et les besoins naturels). Bref, de tout et de rien, oui, de rien, car dans cet amas de papier moisi, de Traité de sorcellerie pour novices de 15 à 30 ans, point. Dépité, je suis retourné à l'accueil...
- Alors, mon cher monsieur, vous paraissez peu gai?
Votre recherche en vain pensez-vous avoir fait?
- Oui, je recherchais un livre... Traité de sorcellerie pour novices de 15 à 30 ans...
- Tiens donc, intéressant! Pour tout vous dire ce titre,
Plutôt original, et je le pense, unique,
Eveille en moi une petite réminiscence,
Car cet ancien ouvrage avoir bien vu je pense...
Mais, mais, vous m'avez dit ne l'avoir point trouvé?
Une mauvaise nouvelle je dois vous annoncer...
- Quoi donc?!?!
- Vous souvenez-vous donc du petit accident
Dans les sous-sols dont j'ai parlé auparavant?
Lors de cette catastrophe, des ouvrages en pagaille
Ont glissé comme du charbon dans un soupirail
Dans les nombreuses cavernes juste sous le bâtiment.
Leur récupération se fait difficilement;
Et si, par grand malheur, votre livre est de ceux-là,
Le lire prochainement, vous ne parviendrez pas.
En quittant la BOARF, l'évidence était là: COMMENT RECUPERER CE %@! BOUQUIN?!?!?!
Et pour paraphraser la demoiselle de l'accueil:
Sans ce précieux bouquin, la vie je risque de perdre,
Ben là y'a pas à dire, j'suis vraiment dans la...
A la prochaine...
Publié par oldi à 23:50:24 dans 12 - Le livre Hédépargne | Commentaires (8) | Permaliens
RESUME DES EPISODES PRECEDENTS:
Oldi étant victime d'une assez grave malédiction due à un bouquin idiot, il tente de sauver sa peau...
RAPPORT DE POLICE de l'agent BAMBOIS, Jean.
L'agent DECHEVAL, Marcel, et moi étions en train d'effectuer une ronde dans notre camionnette, lorsque nous aperçâmes aperçîmes avons aperçu, en passant devant la gare, qu'une altercation semblait avoir lieu à l'intérieur de celle-ci. L'agent DechevalL, conducteur de la camionnette, ayant garé celle-ci sur un emplacement prévu à cet effet, nous entrîmes sommes entrés dans la dite gare, à 15h29 très exactement.
Là, Mlle DANTEZYEU, Julie, 41 ans, guichetière de la SNCF de son état, était aux prises avec un individu mâle, de sexe masculin, environ la vingtaine, aux cheveux hirsutes et à l'air hagard. L'individu réclamait avec ardeur un billet de train pour le village d'Alyneha-sur-Pahragraf, tandis que Mlle Dantezyeu lui signalait - pour la 34ème fois, a-t'elle précisé - que suite au mouvement social déclenché depuis mercredi soir par la SNCF, aucun billet pour cette destination n'était disponible jusqu'à une date indéterminée. L'individu s'étant mis à manifester des signes d'énervement et d'agressivité, l'agent Decheval et moi-même sommes intervenus, demandant à cet individu pourquoi il mettait une telle ardeur à se rendre là-bas.
L'individu nous fournit alors des explications assez confuses, incluant entre autres des références à son anniversaire, un ouvrage ancien, une malédiction, une météorite, des sortilèges, etc. Nous sommes tout de même arrivés à comprendre que cet individu désirait se rendre à Alyneha-sur-Pahragraf pour se rendre dans la BOARF, la Bibliothèque d'Ouvrages Anciens Restaurés Finement. Il avait apparamment hérité d'un livre ancien, et après en avoir terminé la lecture, il s'était rendu compte qu'à la dernière page du dit ouvrage, l'auteur mentionnait un autre livre qu'il avait écrit, et cet individu louche voulait donc se rendre à la BOARF pour savoir s'il pourrait y trouver un exemplaire du précieux manuscrit.
Devant ces explications peu vraisemblables, l'agent Decheval et moi-même demandâmes le nom de l'individu, qui répondit par "Oldi". Un peu sceptiques devant ce surnom idiot, nous réclamîmes réclamûmes avons demandé que l'individu nous présente sa carte d'identité. Mais le dit Oldi prétendit l'avoir oubliée chez lui.
L'agent Decheval et moi-même ayant compris que nous avions affaire à un attardé mental, nous avons été pris d'un élan de sympathie envers lui, et lui avons donné l'autorisation de partir s'il cessait de faire du scandale; nous lui avons également conseillé de prendre la voiture. Devant notre clémence, ce Oldi fit également preuve d'un élan de sympathie et de repentir sincère; après s'être excusé publiquement devant Mlle Dantezyeu, il nous remercia de notre gentillesse et nous étreignit fraternellement, l'agent Decheval et moi-même, avant de ressortir de la gare en chantonnant, à 15h42 très exactement. Devant la fierté du travail accompli, l'agent Decheval et moi-même avons décidé, pour nous détendre, de procéder à une activité simpe: vérifier la légalité du distributeur de boissons caféinées présent dans la gare.
Toutefois, à 16h03, l'agent Decheval et moi-même fâmes fûmes avons été pris d'un doute concernant le repentir de ce dit Oldi. L'agent Decheval constata alors la disparition des clés de la camionnette accrochées à sa ceinture, et moi-même, jetant un oeil par la fenêtre, constatait la disparition de la camionnette elle-même. A 16h10, ayant compris que c'était ce Oldi qui nous avait subtilisé les clés, nous appelâmes le quartier général dans le but de rechercher l'engin, qui devait faire route vers Alyneha-sur-Pahragraf. L'agent Decheval et moi-même ne pouvant nous déplacer grâce à notre véhicule officiel, nous décidâmes de faire du stop. A 16h29, nous avons été pris par monsieur Gustave UTAGL, chauffeur de camion Loué - qui manifesta une sympathie instinctive envers nous - et nous emmena bien gentiment.
Arrivés à quelques kilomètres d'Alyneha-sur-Pahragraf, nous avons vu un attroupement au bord de la route, ainsi que nos collègues, qui tentaient de contenir la foule. En descendant du camion de M. Utagl, nous vîmes notre véhicule dans le fossé, son conducteur s'étant malheureusement échappé. Notre expert, après enquête, conclut que cet accident serait dû à une faute d'inattention: le voleur aurait perdu tout contrôle du véhicule en essayant de récupérer une canette de coca-cola ayant roulé sous les pédales. Ayant effectivement trouvé une canette sur le sol du véhicule, cette explication parut plus que satisfaisante. Nous recherchons actuellement le voleur.
NOTE: l'enquête est stoppée, faute de preuves: l'agent Decheval, dans un instant d'inattention, a absorbé la pièce à conviction prouvant l'accident. Il a été suspendu pour un mois.
PS: étant donné que, dans cet article, c'est l'écriture de la police, il a été décidé de changer de police d'écriture.
Publié par oldi à 13:22:07 dans 12 - Le livre Hédépargne | Commentaires (13) | Permaliens
Bin moi c'est moi ;-)
Je ne suis ni grand, ni petit, ni très gentil, ni vachement méchant, ni mexicain, ni portugais, ni russe, ni chinois... en fait il y a beaucoup plus de choses que je ne suis pas que de choses que je suis...
Bon, pour me présenter, laissons parler le Larousse, il se débrouille mieux que moi.
OLDI (n.m., vient de Haul-Dii qui, dans la langue des indiens Glapnawouets, signifie "idiot du village", bien que la traduction poussée donne un mot moins gentil que "idiot"). Un Oldi est un être humain qui existe, heureusement, en un seul exemplaire. Il est moitié homme, moitié animal, si on tient compte de sa tête de singe, de son corps de mammouth et de son odeur de putois, sans ouvlier son QI d'huître. Un Oldi écrit des textes et fait des dessins malgré qu'il soit incapable d'avoir une quelconque notion de beauté. Le seul Oldi recensé se situe à l'Est de la France, mais son adresse exacte demeure inconnue.
PS: en tant qu'Oldi, je voudrais m'insurger contre cette scandaleuse définition: JE N'AI PAS UNE ODEUR DE PUTOIS - je me suis lavé le mois dernier. Non mais.
Enfin... je vous souhaite une bonne visite sur mon site. Laissez des commentaires plîîîîîze... tout le monde peut s'exprimer, c'est gratuit, ça demande pas beaucoup de temps libre et surtout ça fait plaisir, à l'écrivain et au lecteur... même Thomas More n'a jamais rêvé mieux.
Et pour me contacter, voyez ici: oldi.blogg@caramail.com
Et si ça vous tente, rendez-vous sur http://elunachroniques.ifrance.com, mon site sur mon "grand oeuvre" qu'est le cartoon "Les Chroniques d'Eluna", que vous devez visionner s'il vous plaït.
LE DICTON DE LA SEMAINE:
La musique adoucit les moeurs, le fil à couper le beurre.
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